créé en 1982/83

Un soir couchée dans mon lit

j’ai rencontré un esprit

qui disait qu’il était

le fantôme de minuit.

Il savait bouger ses oreilles

et rouler ses grands yeux.

Il faisait cela à merveille

Il m’a demandé : « Tu me suis ? »

Moi, j’étais un peu surprise

pour répondre à la question,

car jamais de ma vie

j’avais eu une telle proposition.

J’essayais de m’imaginer

comment ça pourrait aller

de passer le reste de la nuit

avec un petit esprit.

J’avais d’abord l’idée

de le persuader de s’en aller.

Mais il me disait : « Je veux être toujours

ton seul et unique amour.

Je veux rester auprès de toi.

Tu es juste la femme pour moi.

J’en ai marre d’être seule dans la nuit.

Je suis beaucoup mieux dans ton lit.

Ah, ça y est, j’ai compris ce qu’il veut.

Ma parle, ce fantôme est amoureux.

C’est très rare, à ce que je sache.

Et ça tombe sur moi – mais quelle poisse !

N’y a-t-il pas une porte de secours

pour échapper à ce drôle d’amour ?

La nuit ne fait que de commencer !

Et je crains ce qui peut se passer.

Après tout, je suis bien curieuse :

Comment c’est un fantôme amoureux ?

Connaît-il la tendresse des humains ?

Saura-t-il se servir de ses mains ?

Je vais tenter l’étrange aventure

qui est vraiment tout inattendue.

Et je fais un petit sourire

à ce fantôme de minuit.

Il se tourne et il bouge son drap.

Oh-la-la, est-ce qu’il fait ça pour moi ?

Pour ma part, je reste immobile.

C’est ce qui est plus facile.

Quand soudain, il s’effondre au sol

et sort d’étranges paroles

d’un langage que je ne comprends pas.

Je commence à avoir un peu froid.

Finalement, j’en ai vraiment assez.

Et je lui donne un bon coup de pied.

Et c’est là que je vois, oh misère,

mon pied passe tout droit à travers.

Ce fantôme, il est comme une lavette,

n’a rien, mis à part une grosse tête.

Je rigole et je pense : « Ce qu’il est bête ! »

et lui dis en riant : « Je regrette. »